Histoire de la photo d’identité

André Alphonse Eugène Disdéri (1819-1889) a été l’un des premiers photographes de portrait à rendre la photographie d’identité accessible au grand public. Il inventa la carte de visite avec un portrait. Le premier “badge” d’identification en 1854. Disdéri a été pour ainsi dire le premier photographe à être commerçant.

La carte de visite-portrait se présentait sur une planche photo avec plusieurs portraits que l’on pouvait découper. Disdéri proposait le choix entre un portrait de grande taille, deux portraits de taille moyenne ou une planche photo avec huit petits portraits.

Les candidats au portrait étaient mis en scène dans un décor accompagné d’accessoires.

Alphonse Bertillon (1853- 1914) à l’âge de 26 ans entre à la préfecture de police de Paris.

En 1880, il crée le service de l’identité judiciaire afin de référencer les suspects et criminels. Les fiches sont alors constituées des empreintes digitales, de la couleur des yeux et des cheveux, d’informations diverses (exemple signes particuliers) et d’une photo de face et de profil de la personne. Bertillon constitua ainsi un catalogue codifié des photographies d’identité.

Au XXème siècle, les photo-cabines font leur apparition. Elles ont pour nom Le Bosco de Conrad Bernitt et les appareils photo D’Ashton-Wolf et d’Enjalbert. La première photo-cabine de marque photomaton est inventée en 1926 à New-York par Anatol Josepho. Des services photomaton sont proposés aux clients comme la colorisation à la main des portraits et la possibilité de faire encadrer sa photo.

La vraie révolution, l’appareil se trouve dans des lieux publics, une seule pièce suffit pour repartir de suite avec ses photos.

L’invention est prise d’assaut par des artistes : Prévert, André Breton, Queneau et Andy Warhol va créer sa première sérigraphie en couleur sur un collage de 36 portraits d’Ethel Scull. Cette œuvre constituée de photos d’identité est considérée comme majeur du Pop Art et du travail de Warhol qui installa une photo-cabine dans son atelier la Factory.

C’est le journaliste Michel Folco qui inspire le personnage de Nino Quincampoix dans le film le Fabuleux destin d’Amélie Poulain » avec ses collections de photos ratées.

A chaque époque sa révolution, aujourd’hui la photo-cabine laisse la place au selfie et à l’utilisation du smartphone comme outil photographique le plus utilisé au monde. De nombreux reporters, photographes de mode, journalistes et cinéastes utilisent le smartphone comme outil professionnel. La qualité des objectifs photos de plus en plus précise et professionnelle rendent à terme les photo-cabines obsolètes et tout le monde pourra faire sa photo d’identité d’où il veut et quand il en a besoin.